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Monday to Friday: 7AM - 7PM
Weekend: 10AM - 5PM
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Juin, Chantilly
Groupe 2, 3ans et au-dessus, 1 000 mètres, 90 000 €
Créé en 1857
Tenant du titre : Tour to Paris (m5 FRA par Fuissé et Théoricienne, par Kendor), appartenant à Alain Jathère et Gérard Augustin-Normand, élevé par le Haras du Quesnay, entraîné par Pia Brandt, monté par Christophe Soumillon.
Temps-record : 55 »2 par Kind Music en 1982.
La course se déroule en 2021 pour la 159ème fois
Dimanche 31 mai 2020, Deauville. – Sur un terrain bien raffermi par rapport à celui du prix de Saint-Georges (Gr3), disputé vingt jours plus tôt sur une piste souple à ParisLongchamp, le verdict du prix du Gros-Chêne (Gr2) a été naturellement différent. Ainsi, Batwan (Kendargent) n’a jamais semblé en mesure de réussir le doublé, alors que Tour to Paris (Fuissé), seulement sixième à Longchamp, a surclassé l’épreuve cette fois. Il a galopé à flanc e peloton à partir de son numéro 9 en dehors dans les stalles, et a accéléré sans opposition dans la phase finale. Le représentant d’Alain Jathière, qui a déjà vu son 2ans Axdavali (Goken) faire un « truc » dans le maiden d’ouverture, a ainsi laissé Gold Vibe (Dream Ahead), qui a en revanche répété sa deuxième place d’il y a trois semaines, à quatre longueurs.
C’était seulement la deuxième tentative du 5ans sur cette distance.
Arrivé en avril 2019 invaincu de Hongrie, où il a commencé sa carrière après avoir été acheté 3 000 € yearling à Deauville, il avait remporté sa première course avec facilité. Nettement battu aussitôt après, il s’était racheté l’été sur la piste en sable de Deauville, en terminant deuxième avant de s’imposer à nouveau. Vainqueur à Maisons-Laffitte dans une Listed en fin de saison, il avait en revanche échoué régulièrement cet hiver à Dubaï, puis pour son retour à Chantilly en mars, et dernièrement dans le prix de Saint-Georges (Gr3), mais en donnant satisfaction à son entourage, qui a ainsi concrétisé à Deauville.
Son frère de 2 ans par Dunkerque, lui aussi élevé par la famille Head au Haras du Quesnay, est à l’entraînement chez Pia Brandt. Une fille d’Anodin est à suivre alors que She’s My Type (Dunkerque), âgée de 3 ans, est toujours inédite.
Pour l’anecdote, la cinquième mère de Tour to Paris n’est autre que Natalma, la même d’un des étalons les plus influents du XXème siècle, Northern Dancer.
Le prix du Gros-Chêne a été disputé pour la première fois le 17 mai 1857 à Chantilly – le jour du prix de Diane – et revint à Brassia, une pouliche de 3 ans appartenant à Eugène Daru. Celui-ci fut crédité de 2 200 F, alors que Frédéric de Lagrange, propriétaire de Mademoiselle de Chantilly, lauréate du prix de Diane, recevait 7 000 F. A l’époque, les courses portaient en général le nom d’un lieu, d’un site ou de leurs caractéristiques. C’est seulement un peu plus tard que se généralisa l’attribution de noms de personnalités ou de chevaux célèbres. Ainsi le « gros chêne » en question n’était autre qu’un arbre spectaculaire situé sur l’hippodrome de Chantilly.
Cette course présentait la particularité, fort rare à l’époque, d’être un sprint disputé sur 800 mètres, distance portée à 1 000 mètres en 1881 et maintenue depuis lors, à trois exceptions près, en 1919 et 1920 sur 1 100 mètres à Longchamp et en 1944 sur 900 mètres à Auteuil. En effet le prix du Gros Chêne fut transféré à Longchamp en 1919 et 1920 et de 1946 à 1956 ; à Maisons-Laffitte en 1941, 1942, 1943 et 1945 ; et à Auteuil en 1944. En 2020, il se déroule à Deauville car les réunions de courses sont encore interdites en région parisienne en raison de la crise sanitaire.
Du fait de la guerre, le prix du Gros Chêne ne fut pas couru en 1871, de 1915 à 1918 ainsi qu’en 1940.
Le prix du Gros Chêne est une affaire de spécialistes. Il n’est donc pas étonnant qu’un même cheval remporte plusieurs fois la course. Elle a même permis à un cheval d’établir un record, celui de cinq victoires dans la même course de groupe en plat en France. Le héros de cette prouesse est Fine Art, cinq fois victorieux (1942, 1943, 1944, 1945, 1946). C’est mieux que le stayer Marsyas lauréat, à la même époque, du prix du Cadran à quatre reprises (1944, 1945, 1946, 1947).
Onze autres chevaux ont remporté le prix du Gros Chêne à plusieurs reprises. L’un trois fois, Pensacola (1875, 1876, 1877) ; et dix deux fois : Réveillé (1891, 1892), Hoche (1893, 1894), Phusla (1921, 1922), Limac (1936, 1937), Edellic (1958, 1959), L’Epinay (1962, 1963), Montgomery (1971, 1972), Sainte Marine (1998, 1999), Porlezza (2002, 2003), Wizz Kid (2011, 2012).
Il faut aussi citer l’étrange « réussite » de Catcall, quatre années consécutives deuxième de la course entre 2013 et 2016.
Quelques grands sprinters ont inscrit leur nom au palmarès du prix du Gros Chêne, tels Partisan (1864), Syphon (1908), Fils du Vent (1910), Epinard (1923), Niceas (1924), La Fayette (1929), Fine Art (voir ci-dessus), Borée (1949), Palariva (1956), Edellic (voir ci-dessus), Texanita (1964), Yours (1966), Be Friendly (1968), Balidar (1970), Sigy (1979), Last Tycoon (1986), Anabaa (1996), Marchand d’Or (2008).
Les 3 ans et leurs aînés font à peu près jeu égal. Les 157 lauréats (il y eut un dead-heat), se répartissent ainsi : 3 ans = 72 ; 4 ans = 49 ; 5 ans = 26 ; 6 ans = 5 ; et 7 ans = 5.
Avec 48 victoires à leur actif (31%), les femelles font bonne figure au palmarès de la course, compte tenu que la majorité d’entre elles sont retirées au haras à la fin de leur troisième année. Les deux derniers lauréats de la course à 3 ans étaient des pouliches : Beauty is Truth (2007), Wizz Kid (2011)
Au palmarès de la course, on ne compte que treize vainqueurs entraînés à l’étranger : Be Friendly (1968, dead-heat), Balidar (1970), Saulingo (1973), Madang (1977), Nabeel Dancer (1990), Surprise Offer (1993), Millyant (1995), Avonbridge (2004), The Trader (2005), Moss Vale (2006), Tax Free (2009), Spirit Quartz (2013), Muthmir (2015, 2017). Le sprint étant une spécialité où les chevaux britanniques dominent, ce maigre bilan peut surprendre. En réalité, les visiteurs sont peu nombreux du fait que la course se dispute début juin, quelques jours seulement avant le meeting royal d’Ascot qui propose aux sprinters des épreuves mieux dotées et surtout plus prestigieuses.
N.B. A noter que Marcel Boussac n’a jamais gagné la course.