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Monday to Friday: 7AM - 7PM
Weekend: 10AM - 5PM
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Juin, Chantilly
Groupe 1, Poulains entiers et pouliches de 3 ans, 2 100 m, 900 000 €
Créé en 1836
Tenant du titre : Mishriff (m3, IRE par Make Believe et Contradict, par Invincible Spirit), appartenant au prince A. Faisal, élevé par Nawara Stud, entraîné par John Gosden, monté par Ioritz Mendizabal.
Temps-record : 2’02 »90, Sottsass (2019)
Le Prix du Jockey Club sera couru en 2021 pour la 181ème fois.
Dimanche 5 juillet 2020, Chantilly. – Entraîné en Angleterre par John Gosden pour le prince saoudien Faisal, Mishriff (Make Believe) a remporté le 180ème prix du Jockey Club (Gr1) une bonne longueur devant un courageux The Summit (Wootton Bassett) et le favori Victor Ludorum (Shamardal), qui avait pris un mauvais départ.
La course a été menée par Order of Australia (Australia), accompagné par Océan Atlantique (American Pharoah) et Gold Trip (Outship), rapproché en dehors après un mauvais départ. À l’entrée de la ligne droite, les chevaux de tête ont tenté de résister aux assauts et si The Summit se montrait le plus courageux, il ne pouvait finalement résister au finish de Mishriff, que Ioritz Mendizabal avait piloté au sein du peloton et qui a surgi à la distance pour prendre le dessus. En sortant du rang, il a d’ailleurs gêné Pao Alto (Intello), qui finit bien sixième, ce qui a déclenché une enquête, finalement sans effet sur l’ordre d’arrivée. L’outsider Dawn Intello (Intello) est resté excellent quatrième à la corde devant Port Guillaume (Le Havre), qui finit vite en venant de loin, car il avait fermé la marche.
C’était un premier prix du Jockey Club pour l’entraîneur John Gosden, un second pour le jockey Ioritz Mendizabal, vainqueur avec Vision d’État en 2008.
Mishriff avait été battu lors de ses deux premières sorties à 2 ans sur 1 400 et 1 600 mètres puis il s’était imposé de 10 longueurs sur 1 700 mètres, en n’ayant jamais couru que sur des terrains lourds. Deuxième du Derby saoudien en février, il avait ensuite battu de quatre longueurs ensuite un poulain depuis gagnant de Listed.
Élevé en Irlande, Mishriff a pour frère Momkin (Bated Breath), deuxième des Craven Stakes en 2019, qui sera présenté aux prochaines ventes mixtes de Newmarket. Leur frère Orbaan (Invincible Spirit), entraîné en France, a gagné le prix de saint-Patrick (L) à Saint-Cloud.
Considéré comme l’équivalent français du Derby d’Epsom, le QIPCO Prix du Jockey Club est doté d’1,5 million d’euros. Il se disputait traditionnellement sur la même distance que son homologue anglais, soit 2.400 mètres (un mile et demi) mais il a été ramené à 2.100 mètres en 2005 pour s’en distinguer.
Chaque pays et certaines importantes régions d’élevage (Derby du Midi, Derby du Languedoc, Derby de l’Ouest), possède son propre Derby, terme générique qui qualifie la course, généralement pour 3 ans, la plus convoitée de la saison. Mais les conditions peuvent varier d’un pays à l’autre. Aux Etats-Unis, les « Derbies » se courent sur 2 000 mètres, voire plus court sur certains états. En Europe, et dans le reste du monde, ils sont généralement sur 2 400 mètres, à l’image de leur modèle anglais. À Hong-Kong, le Derby est réservé aux 4ans.
Le Prix du Jockey Club raccourci correspond à une évolution de l’élevage mondial vers des chevaux plus rapides, et à une progression dans la distance moins brutale entre la Poule d’Essai (1 600 mètres) et le Grand Prix de Paris (2 400 mètres).
Considérée par les puristes comme la plus « classique » des courses françaises, c’est une des premières créations de la « Société d’Encouragement pour l’amélioration des races de chevaux en France ». Celle-ci avait été fondée le 11 novembre 1833 pour répondre au « besoin général de donner aux courses une plus grande impulsion ».
Le premier Prix du Jockey Club eut lieu à Chantilly le 24 avril 1836 sur 2.500 mètres, distance maintenue jusqu’en 1842, puis réduite à 2.400 m jusqu’en 2004. En 2005, elle a été réduite à 2.100 mètres. Le Prix du Jockey Club n’a pas été disputé en 1871, de 1915 à 1918 et en 1940. Il a été couru à Versailles en 1848, à Longchamp en 1919, 1920, 1941, 1942, 1945, 1946 et 1947, au Tremblay en 1943 et 1944 (sur 2 300 m).
En 2020, la course s’est déroulée le 5 juillet après avoir retardée en raison de l’épidémie de coronavirus.
Le record du nombre de partants
28 partants en 1942 lors de la victoire de Magister.
Dead-Heats
Le juge fit afficher dead-heat (ex aequo) cinq fois à l’arrivée du Prix du Jockey Club. Deux fois les propriétaires décidèrent de recourir l’épreuve pour désigner le vainqueur. Ainsi obtinrent la victoire Renonce (au détriment de Prospero) en 1843 et Lion (au détriment de Diamant) en 1856. Trois fois les propriétaires choisirent de partager le prix, ce qui advint en 1882 entre Dandin et Saint-James, en 1886 entre Upas et Sycomore et en 1908 entre Sea Sick et Quintette. La création du Grand Prix de Paris fut vraisemblablement la raison de ce changement, car les propriétaires ne souhaitaient plus soumettre à un nouvel effort leur cheval appelé à participer deux semaines plus tard à la grande épreuve de Longchamp.
Longueurs
L’intervalle le plus court fut un nez en faveur de Ragmar sur Polaris Flight en 1996. Sept longueurs, c’est la marge la plus importante constatée entre le vainqueur et son suivant immédiat dans l’histoire de la course. C’est en 1989 que ce record fut établi par Old Vic. Viennent ensuite, avec six longueurs, Alcantara II (1911) et Holding Court (2000).
Le Jockey Club
L’origine du mot « Jockey Club » s’explique facilement. « Profitant des observations recueillies en Angleterre depuis trois cents ans », la Société d’Encouragement prend pour modèle le Jockey Club de Newmarket qui, né en 1752, régit les courses outre-Manche. Son code est copié et le nom de Jockey Club est donné au prix que la Société crée à Chantilly en 1836 à l’image du Derby (disputé à Epsom depuis 1780), le test suprême pour la sélection du pur sang. Qui plus est, le Cercle (aujourd’hui 2, rue Rabelais à Paris) que la Société ouvre en 1834 sera bientôt communément appelé Jockey Club.
Le premier Prix du Jockey Club disputé le 24 avril 1836 réunit cinq partants. Son vainqueur fut Frank élevé au haras de Glatigny aux portes de Versailles. Il était entraîné par Thomas Carter. Son jockey Tom Robinson (vingt-six ans) portait les couleurs (casaque orange, toque noire) de Lord Seymour qui s’adjugera l’épreuve encore les deux années suivantes et une quatrième fois en 1841. En 1839 la victoire fut pour Romulus, un élève du haras royal de Meudon portant les couleurs (casaque écarlate, toque gros bleu) du duc d’Orléans, fils du roi Louis-Philippe. En 1840, premier succès normand avec Tontine, élevée dans le Calvados au haras de Victot, sous les couleurs (casaque blanche, toque verte) d’Eugène Aumont.
Deux chevaux portant le même nom, Monarque, ont gagné le Prix du Jockey Club. Le premier (fils présumé de The Emperor) en 1855, pour son éleveur Alexandre Aumont, frère du précédent. Le second (fils de Saxifrage) en 1887 pour Paul Aumont, fils d’Alexandre. Le premier fut un reproducteur remarquable au haras de Dangu, chez le comte de Lagrange qui l’avait acquis en 1856. Pour le second, qui souffrait de boiteries intermittentes, ce fut la seule victoire de sa carrière.
Les pouliches
Huit pouliches ont gagné le Prix du Jockey Club : Lydia en 1837, Tontine en 1840, Poetess en 1841, Lanterne en 1844, Jouvence en 1853, Gabrielle d’Estrées en 1861, La Toucques en 1863 et Saltarelle en 1874. Les dernières meilleures performances obtenues par une pouliche ont été réalisées en 1958 quand Bella Paola fut deuxième à trois quarts de longueur de Tamanar et en 2008 par Natagora, troisième derrière Vision d’Etat et Famous Name. Deux autres pouliches ayant récemment couru le Prix du Jockey Club furent Paix Blanche (1992) et Moonlight Dance (1994), toutes deux portant les couleurs de Daniel Wildenstein.
Les visiteurs
Neuf victoires étrangères à ce jour.
Jusqu’en 1946 le Prix du Jockey Club fut réservé aux chevaux nés et élevés en France. Cette restriction levée, les concurrents entraînés à l’étranger ne vinrent pas immédiatement. C’est seulement en 1975 que l’un d’eux, l’anglais Patch, occupa la deuxième place. Deux ans après, encore un premier accessit pour le visiteur irlandais Artaius. En 1982, première victoire d’un visiteur, celle d’Assert, appartenant à Robert Sangster, entraîné en Irlande par David O’Brien. Répétition dès l’année suivante qui enregistre le succès de Caerleon portant la même casaque, venu aussi de l’île d’Emeraude où il est entraîné par le célèbre Vincent O’Brien, le père de David. Une troisième victoire consécutive de la même équipe est stoppée par Darshaan qui se rend maître en 1984 de Sadler’s Wells, futur illustre étalon.
C’est en 1989 qu’est enregistrée la première victoire anglaise avec Old Vic entraîné à Newmarket par Henry Cecil. Dès 1990, autre victoire britannique avec Sanglamore entraîné par Roger Charlton. Les visiteurs portent maintenant à neuf le nombre de leurs incursions victorieuses grâce à quatre poulains venus d’Angleterre, en 1995 Celtic Swing entraîné par Lady Harries à Arundel, en 2000 Holding Court préparé à Newmarket par Michael Jarvis, en 2005 Shamardal, entraîné par Saeed Bin Suroor également à Newmarket, et enfin en 2014, The Grey Gatsby apporte une nouvelle victoire à la Grande-Bretagne, plus précisément au Yorkshire, et enfin Mishriff, le lauréat de l’édition 2020, vient de Newmarket, de l’écurie de John Gosden.
Jockey Club, Derby et Arc de Triomphe
La date du Prix du Jockey Club et celle du Derby à Epsom sont trop rapprochées pour permettre une double participation. Toutefois, le calendrier aidant, il y eut quelques exceptions. En 1878, Insulaire, vainqueur à Chantilly le dimanche, se rendit le mercredi à Epsom où il se classa deuxième des vingt-deux partants. Et en 1914, gagnant à Epsom le 27 mai, Durbar se remit en piste à Chantilly le 14 juin mais se classa seulement quatrième.
Par contre, disposant d’un intervalle de trois à quatre semaines, le gagnant du Prix du Jockey Club peut tenter sa chance en Irlande dans le Derby irlandais au Curragh. Quatre chevaux ont réussi le doublé. Ce sont Assert (1982), Old Vic (1989), Dream Well (1998) et Montjeu (1999). Le dernier cheval ayant tenté le doublé fut Dalakhani en 2003, mais il échoua étant précédé au Curragh d’une demi-longueur par son compagnon d’écurie Alamshar.
Neuf vainqueurs du Prix du Jockey Club ont remporté ultérieurement le Prix de l’Arc de Triomphe (créé seulement en 1920). Ce sont : Ksar (1921), Mon Talisman (1927), Le Pacha (1941), Verso II (1943), Ardan (1944), Suave Dancer (1991), Peintre Célèbre (1997), Montjeu (1999) et Dalakhani (2003).
Et six chevaux placés deuxième dans le Prix du Jockey Club ont remporté ultérieurement le Prix de l’Arc de Triomphe : Biribi (1926), Kantar (1928), Tantième (1950, 1951), Bon Mot (1966), Trempolino (1987) et Subotica (1992).
Etalons
Etalons ayant produit au moins trois vainqueurs du Prix du Jockey Club :
Chevaux ayant gagné le Prix du Jockey Club et ayant produit un ou plusieurs vainqueurs de la même course :
Poulinières
Pouliche ayant gagné le Prix du Jockey Club et ayant produit un vainqueur de la même course : Poetess (1841), mère de Monarque (1855).
Poulinières ayant produit plusieurs vainqueurs du Prix du Jockey Club :
Seulement deux femmes ont entraîné un lauréat du Prix du Jockey Club : Christiane Head (Bering en 1986) et Lady Herries (Celtic Swing en 1995).
Et notamment…
Le plus jeune jockey ayant remporté le Prix du Jockey Club est George Stern. Né le 29 septembre 1883, il avait dix-sept ans, huit mois et cinq jours quand il monta victorieusement Saxon le 2 juin 1901. Il est suivi de Serge Gorli, né le 1er janvier 1963, qui avait dix-huit ans, cinq mois et sept jours quand il mena à la victoire Bikala le 7 juin 1981.