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Août, Deauville
Groupe 1, 3 ans et plus, 1 300 mètres, 230 000€
Créé en 1922
Tenant du titre : ADVERTISE (M3, GB, par Showcasing et Furbelow (Pivotal), appartenant à Phoenix Thoroughbreds, élevé par Cheveley Park Stud, entraîné par Martyn Meade et monté par Lanfranco Dettori.
Record de la course : 1’14″30 en 2013 (Moonlight Cloud)
Le Prix Maurice de Gheest sera couru pour la 98ème fois en 2020.
Favori du LARC Prix Maurice de Gheest (Gr1), disputé dimanche à Deauville sur 1 300 mètres en ligne droite, le visiteur anglais Advertise (Showcasing) a tenu bon malgré la bonne fin de course de son compatriote Brando (Pivotal), qui finit en trombe deuxième à seulement une encolure.
Le chrono du vainqueur, 1’15’’4, est à un peu plus d’une seconde du record du parcours. La fraction la plus rapide, 11’’15, va des 400 aux 200 mètres, au moment de l’accélération décisive d’Advertise.
Le peloton de quinze concurrents s’est scindé en trois au début, avec, côté corde, King Malpic (King’s Best) qui emmenait Space Blues (Dubawi), One Master (Fastnet Rock) et la tenante du titre Polydream (Oasis Dream), ces deux dernières allant bientôt se décaler vers le peloton du centre emmené par Fox Champion (Kodiac).
Pretty Pollyanna (Oasis Dream) menait de son côté, plus en dehors, avec Advertise sur ses basques. Il est venu à sa hauteur à trois cents mètres de l’arrivée et l’a dépassée sûrement mais il a dû s’employer jusqu’au bout pour résister à Brando, vainqueur de cette course en 2017, et d’autant plus méritant que son jockey, Tom Eaves, a perdu un étrier au moment décisif !
Space Blues a bien tenu le coup pour prendre la troisième à ¾ de longueur, une tête seulement devant Spinning Memories (Arcano), qui finit en trombe. Polydream finit seulement huitième sans réelle excuse, battue notamment par la cinquième One Master, sur laquelle elle n’a rien refait dans la phase finale.
Gagnant à 2 ans des Phoenix Stakes (Gr1) au Curragh, puis de la Commonwealth Cup (Gr1) au meeting royal d’Ascot, Advertise confirme ainsi faire désormais partie des meilleurs sprinters d’Europe dans sa génération derrière Ten Sovereigns, qui l’a nettement battu dernièrement dans la Darley July Cup (Gr1) sur 1 200 mètres. C’est dans le sprint que les 3ans sont les meilleurs cette saison pour le moment, même si le vétéran Brando, hongre de 7 ans, a bien failli lui damer le pion ici.
Advertise a été acheté yearling 60 000 £ aux ventes Goffs en Angleterre. Sa seule fausse note à ce jour est sa quinzième place pour sa rentrée dans les Deux Mille Guinées (Gr1), mais Lanfranco Dettori a expliqué sur Equidia qu’à ce moment dans la saison, les pensionnaires de Martyn Meade n’étaient pas au point. Sa mère Furbelow (Pivotal), élevée par Cheveley Park Stud, a gagné sur 1 200 mètres PSF, c’est une sœur de gagnant de Listed sur 1 000 mètres aux USA, et elle est issue de Red Tiara (MrProspector), qui échoua à quatre reprises mais coûta 900 000 $ yearling aux ventes de Keeneland. Et pour cause : sa mère est Heart of Joy (Lypheor), deuxième des Mille Guinées de Newmarket et d’Irlande, troisième des Coronation Stakes (Gr1) et enfin deuxième de Groupe 1 outre-Atlantique…
Créée en 1922, cette course a été promue au rang de Groupe 1 en 1994. Pour cause de guerre, elle n’eut pas lieu en 1940 et fut transférée à Maisons-Laffitte de 1941 à 1943 et en 1945, à Auteuil en 1944. Les conditions de la course prévoyaient des surcharges jusqu’en 1993. Disputée sur la ligne droite de Deauville, sa distance, à l’origine de 1 400 mètres, fut ramenée à 1 300 mètres en 1966.
Trois chevaux sont parvenus à gagner la course deux fois : la pouliche Azyadé en 1936 et 1937 ; Nice Guy en 1961 et 1962 ; Boitron en 1979 et 1980 ; deux l’ont remportée trois fois : Marchand d’Or en 2006, 2007 et 2008, puis Moonlight Cloud entre 2011 et 2013. L’un comme l’autre étaient entraînés par Freddy Head, qui l’a aussi remportée comme jockey en 1996 avec Anabaa.
On notera que cette course de Groupe 1 est ouverte aux hongres. En 2011, elle a été parrainée par Wertheimer & Frère pour célébrer le 100ème anniversaire de l’écurie fondée en 1911 par Pierre Wertheimer, grand-père d’Alain et Gérard actuels détenteurs de la célèbre casaque bleue et blanche. Elle est à présent parrainée par le Latioamericana Racing Channel, qui commercialise les droits et images des principales courses de galop sud-américaines.
Maurice de Gheest (1850-1920)
Il fut membre du comité de la Société des courses de Deauville (dont il fut nommé commissaire en 1913), de la Société du Demi-Sang et de la Société des Steeple-Chases de France où, élu en 1912, il siégea au conseil d’administration jusqu’à sa mort subite le 31 octobre 1920. La veille même, il avait été nommé au grade de chevalier de la Légion d’honneur. S’il était « d’un cœur généreux au-delà de tout ce qu’on peut imaginer », Maurice de Gheest*, président de la Société des mines de Marres, fut un « grand sportsman » – comme on l’entendait au début du XXe siècle – dont les couleurs furent trois fois victorieuses dans le Grand Prix de Deauville. Ses couleurs (casaque mi-jaune, mi-bleue, toque bleue) connurent leur première victoire le 6 décembre 1892 à Saint-Ouen dans le Prix Nestor (10.000 F) avec Nicolette, acquise 7.000 F neuf jours plus tôt après une victoire à Auteuil. Débuts sous des auspices favorables confirmés avec Merlin (élevé au haras de Marcadieu près de Tarbes), acheté pour seulement 700 F yearling à Deauville, gagnant de quatorze courses et 193.075 F dont, à 3 ans en 1895, le Grand Prix de Deauville et le Prix Monarque. Ses meilleurs représentants furent ensuite Liane (surprenante gagnante du Prix de Diane en 1896), Bohême (2ème de la Poule d’Essai la même année), Van Diemen (Grand Prix de Deauville 1897), Volnay (Prix de la Salamandre et Prix de Condé 1897), Géographie (2ème du Prix Vermeille 1897 et gagnante du Prix du Président de la République à Auteuil en 1899), Velasquez (2ème du Prix du Jockey Club et du Grand Prix de Paris 1899) et Kremlin (Prix des Sablons 1901). En 1894, Maurice de Gheest s’était associé avec le marquis de Nicolay, propriétaire du haras de Montfort (situé dans la Sarthe sur la rive droite de l’Huisne) où il avait progressivement développé un élevage de qualité entrepris dès 1864. S’ils ressentirent durement l’échec comme reproducteur de Merlin auquel ils avaient accordé une totale confiance, les associés retrouvèrent le chemin du succès avec Rabelais (un fils de l’illustre St Simon), judicieusement importé par eux à l’automne 1904. Dès sa première production, ils obtinrent Verdun qui, vendu par eux à Deauville, enleva en 1909 la Poule d’Essai, le Grand Prix de Paris et le Prix du Président de la République pour le baron Maurice de Rothschild. Rabelais fut trois fois champion des pères de vainqueurs en plat et une fois en obstacle.
* Il ne faut pas le confondre avec son cousin Charles de Gheest dont la pouliche Galette gagna à 4 ans en 1893 le Grand Prix de Deauville.
Maurice de Gheest et Abbaye de Longchamp
Depuis 1957 (année de la création du Prix de l’Abbaye), les deux courses ont souvent été un objectif commun aux sprinters, même si la première se disputait alors sur 1 400 mètres, tandis que 1 000 mètres constituent le terme de la seconde. Quatre chevaux seulement ont gagné les deux courses. Deux la même année, Sweet Revenge en 1971 et Marchand d’Or en 2008. Un a gagné l’Abbaye l’année suivante, Lianga à 4 ans en 1975. Un avait gagné l’Abbaye un an plus tôt, Moorestyle à 3 ans en 1970. De plus, quatre vainqueurs du Prix Maurice de Gheest sont parvenus à se placer dans l’Abbaye : Yours (1965) placé trois fois, 2ème en 1964 et 1966, 3ème en 1967 ; Abergwaun (1972), 3ème à 5 ans en 1973 ; Cherokee Rose (1995) 2ème la même année ; et Anabaa (1996) 2ème la même année, battu d’une encolure par sa compagne d’entraînement Kistena.
Les lauréates
Elles tiennent une place importante au palmarès de la course qu’elles ont remporté trente et une fois, dont tout récemment avec May Ball (2002), Porlezza (2003), Moonlight Cloud (2011) et Polydream (2018). Une victoire dans le Prix Maurice de Gheest fut une étape dans la carrière classique de certaines d’entre elles comme Zariba (1922), Midget (1957), Lianga (1974), Flying Water (1977) et Seeking the Pearl (1998), venue de l’empire du Soleil-Levant pour donner une première victoire en Europe dans une course de Groupe 1 à un pur-sang entraîné au Japon.
Les visiteurs
Les deux premiers visiteurs vainqueurs furent des chevaux français exportés, revenus à Deauville : en 1948, Drakkar, entraîné par Harry Wragg à Abbington Place à Newmarket, parti de France l’été pour participer à des sprints à Ascot et Newmarket ; en 1966, Han d’Island, entraîné par A. Carangio en Italie où il avait été exporté yearling. Deux ans après, premier succès d’un pur britannique, Mountain Call qui permet à Lester Piggott d’obtenir la première de ses quatre victoires qui constitueront le record de la catégorie « jockeys ». Dès lors on enregistre régulièrement la venue de concurrents d’outre-Manche et d’Irlande. De 1969 à 1993, soit en vingt-cinq ans, ils obtiennent neuf victoires : six en provenance de Grande-Bretagne avec Sweet Revenge (1971), Moorestyle (1981), Never So Bold (1984), Interval (1987), Dead Certain (1990) et Pursuit of Love (1992) ; trois venus d’Irlande, tous trois entraînés par Vincent O’Brien avec Abergwaun (1972), Beaudelaire (1983) et College Chapel (1993). Avec sa promotion au rang de course de groupe I en 1994, le Prix Maurice de Gheest a évidemment avivé la convoitise des visiteurs. Les indigènes ont résisté les quatre premières années, mais ont dû baisser pavillon de 1998 à 2002 laissant la victoire à Seeking the Pearl (1998) venue du Japon, Diktat (1999), Bold Edge (2000) et May Ball (2002) en provenance d’Angleterre et King Charlemagne (2001) entraîné en Irlande à Ballydoyle par un autre O’Brien prénommé Aidan. Une parenthèse française en 2003 avec la victoire de Porlezza, entraînée à Deauville, sur place, mais reprise des incursions étrangères victorieuses en 2004 du fait du hongre britannique Somnus, suivie d’un nouveau sursaut français en 2005 avec Whipper et en 2006, 2007 et en 2008 avec Marchand d’Or. Puis reprise de la supériorité des visiteurs venus d’Angleterre avec King’s Apostle en 2009 et Regal Parade en 2010, à laquelle Moonlight Cloud a mis un terme avec ses trois succès consécutifs de 2011 à 2013. Les anglais Garswood et Muhaarar lui ont succédé, Signs of Blessing a remis la coupe en France en 2016, mais le britannique Brando l’a reprise en 2017… Comme on le voit. sur cette distance hybride, le match est très serré !
73 pour la France contre 24 pour les visiteurs, mais l’entraînement français est mené 6 à 5 sur les onze dernières éditions !
Famille Wertheimer (6 victoires) : Sonny Boy (1933), Djanet (1956), Midget (1957) et Tomahawk (1959) pour Pierre, Occupandiste (1997) et Polydream (2018) pour Wertheimer & Frère.
Marcel Boussac (4 victoires) : Zariba (1922), Grillemont (1923), Theano (1943) et Windorah (1947).
Ralph B. Strassburger (3 victoires) : Mordicus (1927), Guam (1952) et Vamarie (1954).
Théodore P. Cozzika (3 victoires) : Azyadé (1936, 1937) et Le Koh I Noor (1939).
Stavros Niarchos (3 victoires) : Boitron (1979, 1980) et Dolphin Street (1994).
Mme Jean-Louis Giral (3 victoires) : Marchand d’Or (2006, 2007, 2008).
George Strawbridge (3 victoires): Moonlight Cloud (2011, 2012, 2013).
Freddy Head (7 victoires) : Marchand d’Or (2006, 2007, 2008), Moonlight Cloud (2011, 2012, 2013) et Polydream (2018).
Charles Cunnington (4 victoires) : Ziani (1932), Azyadé (1936, 1937) et Le Koh I Noor (1939).
Alec Head (3 victoires) : Djanet (1956), Midget (1957) et Tomahawk (1959).
Vincent O’Brien (3 victoires) : Abergwaun (1972), Beaudelaire (1983) et College Chapel (1993).
John Cunnington junior (3 victoires) : King of Macedon (1978), Exclusive Order (1982) et Spectacular Joke (1985).
Christiane Head (3 victoires) : Blue Note (1988), Anabaa (1996) et Occupandiste (1997).
Lester Piggott (4 victoires) : Mountain Call (1968), Abergwaun (1972), Moorestyle (1981) et College Chapel (1993).
Gérald Mossé (4 victoires) : Cricket Ball (1989), Dolphin Street (1994), May Ball (2002), Garswood (2014).
Guy Garner (3 victoires) : Zariba (1922), Lézignan (1925) et Tivoli (1929).
André Dupuit (3 victoires): Azyadé (1936, 1937) et Le Koh I Noor (1939).
Maurice Philipperon (3 victoires) : King of Macedon (1978), Exclusive Order (1982) et Spectacular Joke (1985).
Pat Eddery (3 victoires) : Beaudelaire (1983), Lead on Time (1986) et Interval (1987).
Davy Bonilla (3 victoires) : Marchand d’Or (2006, 2007, 2008).
Thierry Jarnet (3 victoires) : Moonlight Cloud (2011, 2012, 2013).