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A partir de ce samedi 31 mars (courses à Chantilly et au Lion d’Angers), en cas de gêne en course, le meilleur gardera plus souvent le bénéfice de ses efforts. Depuis quelques semaines, Henri Kiriel, Chef du département du secrétariat des commissaires de France Galop, sillonne la France pour former les juges à la nouvelle doctrine. Il était aux côtés d’Henri Pouret, Directeur Général adjoint chargé de la direction opérationnelle des courses, pour présenter cette réforme à la presse puis à Equidia au cours des derniers jours.
Quel est le point de départ de cette réforme ? Les prémices de l’harmonisation du jugement des gênes remontent à la conférence internationale de commissaires de 2007 à Dubaï. Alors que la compétition hippique se mondialise, les différences entre nations hippiques peuvent poser problème aux compétiteurs qui se produisent à travers le Monde. Dans le même temps, la prise de paris s’est elle aussi internationalisée. Les parieurs ont du mal à appréhender le fait qu’un cheval qui serait rétrogradé dans leur pays ne l’est pas dans la course sur laquelle ils ont misé aux antipodes. Suite à cette première réunion, la Fédération Internationale des Autorités Hippiques a créé un comité d’harmonisation, avec un représentant de la plupart des grandes nations hippiques. Les travaux de ce comité ont fait émerger deux catégories. Il y a d’une part les pays Anglo-saxons ou d’inspiration anglo-saxonne. C’est la catégorie A. Dans ce contexte, s’il y a gêne, les commissaires cherchent à déterminer si le cheval gêné aurait devancé le gêneur. La priorité est donc donnée à l’ordre d’arrivée. Il y a d’autre part le Japon, les Etats-Unis, l’Amérique Latine et les pays d’Europe continentale, comme la France. C’est la catégorie B. Dans ce deuxième contexte, les commissaires cherchent à apprécier si à cause de la gêne, le cheval gêné a été empêché d’obtenir un meilleur classement ou une meilleure allocation. Cela donne lieu à plus de déclassements et rétrogradations.
Pourquoi choisir une doctrine d’inspiration anglo-saxonne ? Au fil des années, différentes nations hippiques ont pris conscience de l’importance d’une harmonisation internationale. Dans le même temps, certains pays de la catégorie B, notamment le Japon, ont adopté la doctrine de la catégorie A, suite à des cas problématiques dans de grandes courses. Lors des concertations internationales, il est apparu que plusieurs pays de la catégorie A avaient déjà expérimenté par le passé une doctrine proche de celle de la catégorie B. Mais l’usage les avaient fait évoluer vers la situation que nous connaissons actuellement. Dès lors, notamment pour l’Angleterre, un retour à la catégorie B apparaissait comme une régression. De même, il est rapidement apparu qu’il n’était pas possible d’établir une règle faisant la synthèse des deux catégories.
Quelle est donc la nouvelle règle ? Le comité d’harmonisation de la Fédération Internationale des Autorités Hippiques s’est donc finalement accordé sur le texte suivant : « si un cheval ou un jockey a gêné un concurrent, avant de le devancer à l’arrivée, et d’autre part que le cheval gêné n’aurait pas devancé le gêneur sans cette gêne, le classement à l’arrivée ne sera pas changé. » Dans un deuxième paragraphe, il est précisé : « Si le cheval gêné aurait devancé le gêneur sans cette gêne, le gêneur sera rétrogradé derrière le cheval gêné. » Ce texte a été transmis au comité exécutif de la Fédération Internationale des Autorités Hippiques. La France a alors demandé un ajout. Il concerne : « le déclassement éventuel d’un cheval lorsque son jockey a monté de façon dangereuse. » Ce texte a fait l’unanimité et il a été intégré dans l’accord international qui constitue en quelque sorte le code des courses mondial. Néanmoins certains pays, comme les Etats-Unis, ne l’ont pas encore intégré dans leurs réglementations.(NB : l’Allemagne le met en pratique à partir du 1er avril)
Première étape, qualifier le type de gêne. Les commissaires français vont devoir modifier leur manière de fonctionner. A présent il va falloir dans un premier temps qualifier le type de gêne. C’est-à-dire, dans l’ordre de gravité :
En cas de comportement dangereux, les commissaires doivent se poser la question suivante : « le gêné a-t-il été empêché d’obtenir un meilleur classement ? ». On reste donc dans l’appréciation actuelle et le gêneur sera finalement classé derrière celui qu’il a gêné si la réponse à cette question est postive.
Dans la grande majorité des cas, le comportement sera est non dangereux et on applique la nouvelle règle. On se pose donc la question suivante : « le gêné a-t-il été empêché de devancer la gêneur ? ». C’est là que réside le grand changement pour la France.
L’évolution des sanctions. Après la qualification de la gêne, se pose la question de la responsabilité des jockeys. En cas de sanction, les apprentis écopent d’un nombre de jours d’interdictions plus élevé car ils ne sont pas sanctionnés financièrement. Il s’agit également pour d’augmenter le coté pédagogique de la sanction. De même, pour toutes les catégories de jockeys, dans les courses de Groupe, les sanctions sont plus élevées car le résultat est d’une importance très particulière. Cela doit dissuader ceux qui seraient tentés de prendre un risque supplémentaire dans ce type d’épreuves. Le détail des sanctions, par catégories, sera publié plus tard. La doctrine de jugement des gênes et les recommandations de sanction sont publiées ici.
La mise en application. Henri Pouret a expliqué : « A l’avenir, le challenge sera également d’harmoniser l’interprétation de la réglementation entre les pays, sur des cas comparables. Je pense qu’il sera plus compliqué d’obtenir une harmonisation des sanctions. On ne court par exemple pas avec la même fréquence en France et au Japon. Dès lors une mise à pied de même durée n’a pas les mêmes conséquences. » Henri Kiriel a précisé : « Depuis le mois de février, les formations sont en cours. Ces évolutions sont très bien accueillies et ce d’autant plus qu’elles n’apparaissent pas comme des révolutions. Cela ne devrait pas trop poser de problèmes aux commissaires. »
Enfin, on notera que les jockeys qui montent à l’étranger sont déjà habitués à ce type de réglementation.