Address
304 North Cardinal St.
Dorchester Center, MA 02124
Work Hours
Monday to Friday: 7AM - 7PM
Weekend: 10AM - 5PM
Address
304 North Cardinal St.
Dorchester Center, MA 02124
Work Hours
Monday to Friday: 7AM - 7PM
Weekend: 10AM - 5PM
Avril, Saint-Cloud
Groupe 3, Pouliches de 3 ans, 2 100 mètres, 80 000 €
Créé en 1905
Tenant du titre : Cartiem (f3 FRA par Cape Cross et Mintaka, par Zamindar), appartenant à Écurie Jean-Louis Tepper, élevée par Rashit Shaykuthdinov, Haras du Mézeray et Christophe Clément, entraînée par Jean-Claude Rouget, montée par Cristian Demuro.
Temps-record : 2’13 »08 par Luminate en 2018.
La course se déroule sous cette forme pour la 111ème fois en 2021
Lauréate pour sa rentrée du Prix Durban sur 2 100 mètres après avoir gagné son maiden l’an dernier à Compiègne, Cartiem (Cape Cross) s’est montrée très accrocheuse pour rejoindre et battre Phocéenne (Olympic Glory) aux abords du poteau dans le Prix Pénélope (Gr3). Disputé par quatre concurrentes après le forfait de Secret Walk (Dansili), ce préparatoire classique au Prix de Diane Longines (Gr1) a été mené par Phocéenne, représentant le Haras de la Gousserie de Kamel Chehboub. Gagnante pour son retour à 3 ans du Prix Rose de Mai (L) sur cette piste mais sur 2 000 mètres et non 2 100 mètres comme ici, la partenaire de Christophe Soumillon a longtemps fait figure de lauréate après avoir mené à sa guise, mais la pouliche de Jean-Louis Tepper, de l’écurie des Charmes et de Gérard Augustin-Normand s’est ressaisie assez tôt pour avoir le dernier mot, la favorite Romancière (Dansili) rentrante, a fini très plaisamment.
Cartiem a été élevée en France par Rashit Shaykhutdinov, le haras du Mézeray et Christophe Clément. Elle a été achetée yearling par son entraîneur Jean-Claude Rouget pour 140 000 € aux ventes Arqana d’octobre. Sa mère Mintaka (Zamindar) a été achetée 90 000 € aux ventes d’élevage 2014 à Deauville à son éleveur-propriétaire l’Aga Khan, pour lequel elle a gagné une seule course, à Nancy. C’est la famille de Manighar (Linamix), triple gagnant de Groupe 1 en Australie, et frère de la mère de Mintaka.
Cette dernière a aussi une 2 ans par Charm Spirit, Parole et Musique, à l’entraînement chez Jean-Claude Rouget, qui l’a achetée 70 000 € l’an dernier aux ventes de Deauville.
Cartiem est engagée dans le Saxon Warrior Coolmore Prix Saint-Alary (Gr1) et le Prix de Diane Longines (Gr1).
Cette course fut créée en 1905. Réservée aux pouliches de 3 ans, et disputée initialement début avril, elle constitue ainsi la première étape en vue du Prix de Diane programmé deux mois plus tard. Sa distance, 2 100 mètres, est la même depuis 1950. Elle a été reculée dans le calendrier ces dernières années et se déroule plutôt vers la fin du mois d’avril, voir le 1er mai lors du prix du Miguet, comme en 2019.
Programmé à l’origine à Maisons-Laffitte, le Prix Pénélope fut transféré à partir de 1927 à Saint-Cloud où il avait été couru exceptionnellement en 1921. Du fait des deux guerres mondiales, il ne fut pas couru de 1915 à 1919, puis transféré à Longchamp de 1940 à 1942 et à Maisons-Laffitte de 1943 à 1945. Il n’a pas été couru en 2020 en raison de la pandémie de Covid-19.
Les lauréates du Prix Pénélope ont joué un rôle important dans le Prix de Diane. Ainsi, à Chantilly, on relève à la 1ère place : Flowershop (1920), Féerie (1938), Pirette (1946), Dushka (1958), Timandra (1960), Hermières (1961), Roselière (1968), Rescousse (1972) et Pawneese (1976).
A la 2ème place : Saïs (1906), Zariba (1922), Isola Bella (1924), Sylvanire (1937), Longthanh (1941), Esmeralda (1942), Raïta (1945), Saraca (1969), Smuggly (1983), Abbatiale (1998), Volvoreta (2000), Germance (2006), Mrs Lindsay (2007), Gagnoa (2008) et Sistercharlie (2017).
A la 3ème place : Fiasque (1923), Tanaïs (1928), Rarity (1934), Clairvoyante (1935), Royalebuchy (1936), Pampa Bella (1984), Air de Rien (1990) et Brilliance (1997).
A Epsom, les gagnantes du Prix Pénélope ont aussi fait excellente figure, remportant quatre victoires avec Brulette (1931), Sun Cap (1954), Monade (1962) et Pawneese (1976).
En Irlande, au Curragh, les Irish Oaks sont revenus en 1993 à Wemyss Bight qui avait auparavant enlevé le Prix Pénélope.
Enfin, dans le Prix Vermeille, les lauréates du Prix Pénélope comptent onze victoires grâce à Isola Bella (1924), Longthanh (1941), Folle Nuit (1943), Pirette (1946), Janiari (1956), Monade (1962), Roselière (1968), Saraca (1969), All Along (1982), Volvoreta (2000) et Mrs Lindsay (2007).
Penelope
Ce n’est pas le souvenir de la femme d’Ulysse que cette course tient à évoquer. Elle a pour but de célébrer la mémoire à la fois d’une pouliche française et d’une des plus grandes poulinières anglaises dont une partie de la descendance s’illustra en France.
Française, la Pénélope (1820, par Don Cossack et Helen) qui se distingua en gagnant le 5 septembre 1824 le Prix Royal, principale épreuve disputée au Champ-de-Mars sous la Restauration. Elle portait les couleurs du duc de Guiche, chargé de la direction du haras royal de Meudon ; sa descendance fut insignifiante.
Dans le 3ème volume des tables généalogiques dites de Bobinski (Family tables of racehorses), sont répertoriées cinq Penelope (sans accent, à l’anglaise), plus trois Penelope II. Si toutes ont parmi leurs descendants au moins un bon cheval, l’une les surclasse, Penelope née en 1798 chez le duc de Grafton, fille de Trumpator et Prunella (gravure ci-contre). Considérée comme la poulinière la plus représentative de son époque – « the most epoch-making mare in the Stud Book » – elle gagna dix-huit courses et produisit trois vainqueurs classiques Whalebone (1807, Derby et étalon influent), Whisker (1812, Derby) et Whizgig (1819, Mille Guinées). Parmi les produits de celle-ci, figure Oxygen (1828, Oaks) dont une fille Currency (1837 par St Patrick) fut importée en France en 1844 par Auguste Lupin. Cette acquisition fut bénéfique pour le grand éleveur français, Currency lui ayant donné deux vainqueurs classiques, Saint Germain (1847, par Attila) lauréat du Jockey Club, et Jouvence (1850, par Sting), réalisatrice du doublé Diane-Jockey Club. En plus de cette rare performance, Jouvence accomplit l’exploit d’aller gagner quelques jours plus tard le Goodwood Cup devenant ainsi le premier cheval français à remporter une course prestigieuse outre-Manche. Exploit qui eut un fort retentissement au sein du turf français et qui a incité, au début du XXe siècle, la Société Sportive d’Encouragement, gestionnaire de l’hippodrome de Maisons-Laffitte, à attribuer à une course réservée aux pouliches le nom de Pénélope (avec accent de ce côté de la Manche) à la glorieuse ancêtre de Jouvence.
D’autant plus que l’élevage français est aussi redevable à cette Penelope, par le biais de Cavatina (1845), une sœur utérine de Currency, de quelques autres très bons chevaux comme Sauterelle (1883, Prix du Cadran), Sibérie (1885, Prix du Cadran), Listman (1911, Poule d’Essai), ainsi que d’une célébrité en obstacle, Lutteur III (1904) héros du Grand National à Liverpool en 1909.